Alain Thomas
Alain Thomas (né le 14 février 1942 à Nantes) est un peintre français.

Autodidacte, il commence sa carrière à l'âge de 20 ans. En 1963, il présente à Nantes sa première exposition.

Alain Thomas a illustré au cours de sa carrière une vingtaine de livres dont plusieurs bestiaires, livres de bibliophilie tels que Marco Polo (1987) et contes pour enfants comme Neige de Printemps (1987). Certaines créations sur papier comme celle du Toucan (2002) et des Aras Macao (2004) décorent également les supports de nombreuses collections sur porcelaines de Limoges, soies de Lyon, émaux de Longwy, tapisseries d’Aubusson, enluminures, etc.

Il commence par peindre des personnages tristes et rigides aux visages assez indifférenciés à l’image du Saltimbanque (1965).

Comme le soulignent les visages du clown Bocki du Cirque Francky (1963) et des baladins (1964), ses personnages ont toujours le regard triste et le sourire figé. Ils occupent presque la totalité du tableau et ne permettent pas d’obtenir une perspective dégagée. Jusqu’en 1967, les fonds de la plupart de ses œuvres sont quasiment inexistants et ne laissent entrevoir que de timides couleurs uniformes tombant souvent à la verticale. Ces éléments se retrouvent également dans le tableau solitude (1964).

Influencé par la période bleue et rose de Picasso comme en témoigne le mime et la Vahiné (1965), Alain Thomas lui rend un Hommage à Pablo (1965) en le représentant de face sur un fond où l’on retrouve la période cubiste du célèbre artiste espagnol.

En 1968, Alain Thomas connaît dans sa vie deux événements qui vont lui permettre de s'épanouir : il arrête son travail de confiseur chocolatier pour se consacrer pleinement à la peinture et se marie.

L’élaboration de ces nouveaux arrière-plans composés d’oiseaux, de fleurs, de paysages a pour effet d’adoucir l’impassibilité des personnages qui continuent d’offrir le même visage mélancolique, les mêmes yeux noirs candides.


Tour de Babel
C’est à partir de 1968 qu’Alain Thomas abandonne ses constructions-portraits centrés sur un ou deux personnages. Le fond du tableau, la perspective, la profondeur de champ s’ouvrent désormais sur des paysages verdoyants peuplés d’animaux fantastiques comme la licorne située aux côtés d’Irun (1968). De 1968 à 1979, il s'affirme dans cette optique avec sur l’embarcadère du rêve (1969), le temps des métamorphoses (1970), l’arbre-fleurs (1979) et Graziella, princesse des lutins (1972).

À partir des années 1980, le portrait posé, en gros plan, disparaît peu à peu. Animaux, et personnages se multiplient pour s’intégrer dans leur environnement. Les peintures se singularisent par la diversité des thèmes abordés tels que le cycle des saisons, la féerie, l’Orient, la Russie et le bestiaire.

Les compositions traitées sont scène hivernale russe (1983), bouquet printanier (2002), Sultan, Schéhérazade et Dinarzade (1985), scène orientale animée (1997) ou Sultane à la guirlande (1987), paysage hivernal nocturne aux trois moines (2004), oiseaux exotiques (2003), Gerda à la montgolfière (1991), concerto animalier (1998).